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étranger professionnel

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Quelques petites choses trouvées dans le numéro de décembre de Philosophie-Magazine.

Bruce Albert, un anthropologue, se décrit comme un étranger professionnel, et ça me plaît bien cette expression.

« Tout goût esthétique se forge, comme une conscience politique, comme un sentiment amoureux, au contact de la question de la fidélité formalisée par Badiou, au-delà de ses propres choix politiques (soutien indéfectible au maoïsme aujourd’hui et, aujourd’hui, à « l’hypothèse communiste« ) : quelles conséquences d’un événement lui sont fidèles, lesquelles le trahissent ? Tout ce qui est subjectif tient à l’élaboration de ce choix. La réponse de Badiou est la suivante : est toujours fidèle à un événement, quel qu’il soit, celui qui fait des conséquences reconnues de cet événement un événement… » Tristan Garcia.

« J’aime le thé, j’aime rapiécer ma cigarette (là où le papier s’est déchiré). J’aime ma femme, mon jardin (à la campagne). Vassili Rozanov.

« Le langage nous asservit tant que nous ne prenons pas conscience du rôle qu’il joue dans notre vie. » Jean-François Billeter.

« Je parle du corps comme de l’ensemble des facultés, des ressources et des forces, connues et inconnues de nous, que nous avons à notre disposition ou qui nous déterminent. » Jean-François Billeter.

Tchouang-tseu considère la subjectivité comme un va-et-vient entre le virtuel et l’actuel. Le virtuel, c’est la réserve d’où sortent nos pensées et nos actes. L’actuel, c’est le domaine dans lequel nos pensées et nos actes prennent forme et deviennent conscients. Dans le Tchouang-tseu, le virtuel est présenté tantôt comme un grand vide, tantôt comme une confusion obscure et féconde, ce qui est conforme à l’expérience que nous en avons. Je pense à ces états de distraction profonde dans lesquels je m’installe lorsque je dois prendre une décision : je fais le vide afin que l’acte se fasse. Tchouang-tseu attache une importance primordiale à ce va-et-vient. Qui sait régresser et retourner à l’indéfini, dit-il, se ressource et se renouvelle. Celui qui en est incapable et s’enferme dans l’actuel, au contraire, meurt. » Jean-François Billeter.

« C’est l’une des idées les plus précieuses que j’aie trouvée chez les calligraphes : notre activité est perfectible. Et son perfectionnement modifie notre rapport au monde. » Jean-François Billeter.

Le numéro de janvier de Philosophie-Magazine est peut-être déjà en kiosque.

Sinon :

Le petit livre d’entretien avec Apatow est très bien.

Matinée à parler avec Christophe Carpentier. On a parlé de violence donnée, et rarement rendue (sauf contre soi), et de travail. A chaque fois que je discute avec Christophe j’ai l’idée d’un nouveau livre. Ce matin on s’est dit qu’on aimerait faire un livre ensemble, créer une association aussi, donner la parole à ceux dont on ne se préoccupe pas.

J’ai très envie de lire La Dystopie, d’Eugene Zamiatine (apparemment une influence d’Orwell pour 1984) et les bd de John Porcellino, leur tendresse, leur douceur, me bouleversent. Envie de lire Histoire d’un allemand. Souvenirs (1914-1933), sur la lente et sûre montée du nazisme à la faveur de la crise économique (tiens, tiens).

J’ai reçu en cadeau une boîte d’aquarelle de voyage. Même sans être doué, on arrive à faire de jolies choses, par hasard, par accident.

Au cours de la dernière émission d’Arnaud La Porte, Place de la Toile, un invité dit : « Il est coûteux d’être honnête sur internet. »

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