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les rues sont à nous

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Tiens, de mauvaises critiques de La mauvaise habitude d’être soi sur France Culture. C’était dans l’émission « La grande table » le 22 décembre. Michel Ciment : « les jeunes ont peur de donner l’impression qu’ils écrivent » (mon écriture lui rappelle celle de Houellebecq). Antoine Guillot (qui a plutôt aimé le livre, et qui défend les dessins de Quentin tout au long de l’émission) a dit une jolie (mais peut-être n’était-ce pas un compliment dans sa bouche) chose : « J’ai eu l’impression de lire un livre pour enfant mais destiné aux adultes. » (et il cite Glenn Baxter). Il ajoute qu’il aurait quand même préféré un livre de dessins sous lesquels il n’y aurait eu qu’une seule phrase, ce à quoi Michel Ciment répond que le livre aurait été meilleur avec un meilleur dessinateur. David Unger l’affirme : « Le livre aurait gagné à être un livre de bande dessinée plutôt que de littérature. » (les dessins de Quentin lui rappellent ceux de Pierre la police, « l’insolence en moins » dit-il). Finalement, ils n’ont pas parlé du livre que Quentin et moi avons fait, mais du livre qu’ils auraient aimé lire (c’est-à-dire avec moins de texte, un autre dessinateur et en bande dessinée). C’est l’époque : les critiques passent commande au père Noël. Dormez bien les enfants.

Sinon, sinon… J’ai vu « Faîtes le mur » (« Exit through the gift shop ») de Banksy. Un film politique et drôle, quand l’art est subversif, et subversif vis-à-vis de l’art lui-même. Très troublant, et passionnant. La rue est à nous. Et tout ce qui s’y trouve. Nous ne sommes pas des invités, pas des salariés, pas des passagers, cette vie est à nous -si nous le voulons. Les murs couverts de publicités, l’effacement de l’art et de la pensée dans les rues, le contrôle de l’espace public par les entreprises et l’État, rien de cela n’est une fatalité. Il faut voir ce film.

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