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bougies

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Ces quatorze derniers jours j’ai passé l’essentiel de mon temps à regarder Harold & Maude au Champo (la rue Champollion est décidément la plus belle rue du monde). J’ai converti un certain nombre de personnes (je n’avais pas encore créé de religion, voilà qui est fait). J’ai terminé de corriger les épreuves de l’édition poche de Peut-être une histoire d’amour. Quelques phrases supprimées, des mots changés. En tout, une vingtaine de petites corrections. Cela faisait deux ans que je n’avais pas organisé de soirée. Il y a eu deux bonnes nouvelles dernièrement. Alors je me suis dit, allez. Je n’ai aucun sens de la mesure. J’ai donc acheté près de trois kilos de charcuterie espagnole, des anchois, des poivrons en bocal (pimento piquillo ali). Pour équilibrer tout ça, du fromage m’a semblé une bonne idée. Il y a eu quelques difficultés d’organisation. Tout le monde (en fait pas grand monde, je n’aime que les soirées assez désertes) n’était pas libre mercredi. J’ai donc étendu ma fête à samedi. C’était une fête en deux parties, comme le Golem de Casken, comme les doubles-programmes dans les vieux cinéma (au Brady par exemple) (mes soirées sont toujours bizarres : il y a deux ans, j’avais convié mes invités à cinq heures du matin -non ce n’était pas une after, il fallait avoir dormi avant- pour voir le soleil se lever). J’ai allumé des bougies partout dans l’atelier (le courant avait été coupé en début de semaine, erreur d’EDF, tout est rentré en ordre lundi). Un fil (trois rallonges) courait sur le sol jusque dans le couloir pour alimenter la machine à musique (Cartola, Vinicius de Moraes, les Kinks, Pulp, Belle & Sebastian). C’était doux. A un moment, Maude (dans Harold & Maude) dit « Tout le monde devrait jouer d’un instrument de musique ». Je suis un spectateur obéissant, je me suis donc acheté le flügelhorn (genre de trompette au son plus chaud et rond) dont je rêvais. J’ai eu peur d’entrer dans le magasin de musique boulevard de Sébastopol. J’ai passé du temps devant la vitrine, à passer et repasser devant l’entrée. C’était immense, les instruments brillaient comme des trésors. Finalement ça s’est bien passé. Parmi mes quelques projets en cours, un bouleverse mes habitudes : je fais une bande dessinée, je veux dire, j’écris l’histoire et je dessine. Je dessine très mal (pire que ça). Mais d’ici quinze ans ça devrait ressembler à quelque chose. Cela ne me gêne de mal dessiner, j’aimerais juste que mon héros mal dessiné se ressemble d’une case à l’autre. Mon dessin est psychotique. Le comic-strip avec Clément avance bien. Je poste deux planches de présentation des personnages demain. Pendant tout un temps j’ai eu l’impression que beaucoup de films se servaient d’une certaine chanson de Nina Simone (ça allait de Les Fils de l’Homme à Actrices de Valeria Bruni-Tedeschi). C’était étrange. Je ne sais plus de quelle chanson il s’agissait. En ce moment j’écoute surtout Cherish.

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