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faire du feu avec un stylo

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Les stylos c’est comme les briquets, ils ont le même destin : achetés sans grande attention, posés, prêtés, empruntés, jamais rendus, confondus. Cela va plus loin : à mon avis, ils ont la même fonction. Le briquet possède son encre comme le stylo allume sa flamme. Ceci pour dire que je ne trouve plus mes stylos, donc j’en emprunte sur un bureau voisin. Je n’ai pas beaucoup avancé aujourd’hui, je veux dire en nombres de pages. Je suis revenu sur le début de Traité, j’ai corrigé, ajouté, précisé, allongé certaines scènes. C’est émouvant de voir tout un petit univers naître. Pas de longues descriptions, mais des détails (je crois aux détails). Quand la journée commence à finir vient le temps du pu-er. Je bois des oolongs le matin et après le déjeuner (aujourd’hui un Bai Yé Dan Cong 1 et un Tie Gwan Yin torréfié de 2005) ; ensuite des pu-er (aujourd’hui, c’était le réconfortant vrac n°28 1998 de la Maison des Trois Thés). Comme je ne bois plus ni vin ni alcool, les thés ont pris le relais (pour l’instant, je découvre, je n’y connais rien, mais tous ces noms m’enchantent ; ce n’est pas un hasard si j’aime les thés fermentés, oxydés, torréfiés, vieux). Leur saveur (c’est flagrant pour les pu-er) rappelle des vins rouges (allez et des whyskies) par leur complexité et leur force. J’ai rencontré un illustrateur, il s’appelle Benoît Guillaume et il est très talentueux. On parle de faire une bd ensemble, reste à trouver l’histoire (là c’est mon rôle, et il faut qu’il soit d’accord, que ça lui plaise, pfff pas évident de se retrouver sur un même sujet). Sinon je suis toujours à la recherche d’illustrateurs pour mes livres pour enfants. Je crois que mes histoires (celles que j’ai commencé à travailler) sont trop bizarres et effrayent. Bon, c’est comme ça. J’ai vu Jakuta Alikavazovic il y a quelques jours et on s’est dit qu’on allait prendre des cours de dessin pour ne plus dépendre de potentiels dessinateurs. Le quartier de Saint-Michel est étonnamment calme le soir du côté de la Seine (par contre, il suffit de faire cinq mètres et c’est la foule). Envie d’une crêpe au Nutella (la faute à Get back in the line des Kinks) et de projets collectifs. Je sais ce n’est pas la même chose. A la sortie de The Rocker, je me suis dit que je n’aimais pas la manière dont je m’habillais, que tout ça manquait de couleurs et d’excentricité. Les vêtements devraient être plus amusants. Laurent D. est doué, lui, pour ajouter de l’excentricité à un style classique. C’est la classe. Bon, moi je ressemblerais plus à Rainn Wilson dans The Rocker, mais ça me plaît (je viens d’apprendre qu’il était bahaïste, c’est drôle). Toujours pas de cartes de voeux de mes autres médecins. Berlin Express de Tourneur passe à l’Action Christine. J’aime beaucoup ce film. Il faudrait que j’y aille avec quelqu’un qui ne l’a pas vu. C’est merveilleux de redécouvrir un film avec quelqu’un qui ne l’a pas vu. C’est presque comme une nouvelle première fois. Il y a deux poubelles entourant mon bureau, elles sont pleines, je vais devoir en acheter une troisième, les papiers débordent c’est vraiment le bordel. La chat de Pauline (la voisine du dessus) est venu me rendre visite. Il s’est posé sur le siège à côté du mien. En fait pour ce soir il me faudrait un film comme The Rocker ou Step Brothers. Je vais essayer de trouver ça. J’ai abandonné le Chabon, pour l’instant. Des nouvelles de Steve Tolz. Laurent Sagalovitch fait le mystérieux à propos du dernier Lehane (qu’il a lu et pas moi, le livre n’est pas encore sorti, enfin je crois, mais comme sa compagne est libraire, il a souvent des SP le veinard). Je suis sûr que ça va être super. Je culpabilise de laisser mes personnages dans mon roman en construction. Là c’est une scène dans la cour de récréation. Il y a déjà pas mal de truc bizarres dans cette histoire (qui partait pourtant d’une situation simple et classique, enfin presque), et je ressens cela comme chaleureux comme si l’étrange (un certain étrange) était accueillant et protecteur.

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